Centredoc à Neuchâtel fournit aux PME des prestations de veille stratégique sur mesure. Une formation postgrade est également offerte par les HEG de Neuchâtel et Genève. Une aide précieuse pour les entreprises. Nul doute que la veille stratégique aide considérablement les PME à prendre les bonnes décisions au bon moment, dans un monde qui bouge très vite. Telle est du moins la conviction de Roland Jeanneret, responsable marketing de Valtronic SA (miniaturisation électronique) aux Charbonnières, dans la vallée de Joux. Il précise: «Le cycle de vie d’un produit, d’une technologie, est de plus en plus court. Une entreprise qui n’arrive pas à suivre le mouvement est impitoyablement éjectée du marché. Et pour suivre il faut être parfaitement au fait des derniers développements et des tendances dans son secteur d’activités.»
Nécessaire information
Pendant deux ans, Valtronic s’est attelée à chercher des pistes pour améliorer son système de veille stratégique. Comme elle est active sur quinze marchés de niche, l’affaire a pris l’allure d’un casse-tête à cause de la pléthore d’informations et la difficulté à filtrer celles pouvant être utiles et en raison du coût inabordable, pour une PME, de certaines prestations proposées par des entreprises spécialisées.
C’est alors que Roland Jeanneret a découvert que Centredoc à Neuchâtel pouvait lui fournir un service tout à fait adapté à la taille d’une PME, le prix également. En outre, il a bénéficié d’un soutien du CCSO.
Objectif: établir une méthodologie pour une sélection adéquate de l’information et mettre sur pied, avec l’appui d’Arcantel (société sœur de Centredoc), un intranet performant, alimenté de manière interne et externe par l’intermédiaire de Centredoc.
«Généralement, la principale difficulté est de définir les axes de recherche, mais nous savions exactement quels marchés nous voulions prendre et comment; c’était alors moins compliqué… Une fois l’information récoltée, reste à savoir l’utiliser de manière correcte», relève encore le chef marketing.
Valtronic compte avec un budget global de 50 000 francs par année pour un dispositif qui allie système d’alerte, veille prospective et veille ponctuelle sur des projets ou des niches spécifiques. Quel-ques mois de tests ont déjà permis de récolter des échos positifs auprès des collaborateurs.
R. J. conclut: «Etre bien informé ne garantit pas forcément le succès, mais s’en préoccuper est de toute façon nécessaire. Alors, imaginez l’argent et le temps que nous perdrions à nous abonner à cent revues, à tout lire, à extraire l’information et à la classer! Ce n’est pas notre métier, autant sous-traiter.»
Intelligence économique et veille stratégique
Depuis 1999, Centredoc à Neuchâtel se bat pour sensibiliser les PME à pratiquer la veille stratégique dans toutes les règles de l’art. La Suisse romande est d’ailleurs très en retard dans ce domaine par rapport à ses voisins, comme l’explique l’ingénieur Alain Vaucher, chargé de conseil, de formation et de pilotage de projets à Centredoc: «Les Français ont adopté ce type de démarche il y a près d’une vingtaine d’années déjà. Beaucoup d’efforts ont été réalisés au niveau des régions périphériques, de la Bretagne à la Franche-Comté, en quadrillant toute la France. Et les entreprises ont bien remonté la pente. Dommage que les Suisses ne soient pas animés du même esprit! Dans l’arc jurassien, beaucoup de PME sont sous-traitantes et dépendent de leur donneur d’ordre. Elles ne voient donc pas la nécessité de cette veille stratégique, jusqu’à ce que leur carnet de commande se rétrécisse sensiblement. C’est malheureusement parfois trop tard!»
Pourquoi est-il aujourd’hui si important de pratiquer la veille stratégique en professionnel? «Reprenons l’exemple de Valtronic. Cette entreprise évolue dans des domaines et sur des marchés très mouvants. Tout va très vite. Dans le cas de l’électronique pour les prothèses auditives, par exemple, des progrès sont enregistrés tous les six mois, il faut donc constamment surveiller et traquer les évolutions pour ne pas perdre les marchés. Mondialisation et vitesse du changement poussent à s’en préoccuper.»
Et, s’il est vrai que chaque chef d’entreprise, comme Monsieur Jourdain, fait instinctivement de la veille stratégique sans le savoir, rendre la démarche hautement efficace donne plus de fil à retordre. Alain Vaucher: «Quelle entreprise, en effet, ne se rend pas à des congrès, ne lit pas la presse spécialisée ou ne bénéficie pas de remontée d’informations par les vendeurs? Il s’agit certes d’une veille très puissante, mais des techniques permettent aujourd’hui d’aller plus loin que l’information notée sur un bout de papier, à savoir de mettre en œuvre Know-ledge Management, réseau et partage de l’information. Valtronic avait tenté une expérience avec un groupe de travail à l’interne, mais rapidement les efforts se sont perdus dans les méandres de l’information. La plupart des entreprises pour lesquelles nous sommes intervenus sont dans le même cas. Il faut pouvoir déterminer des axes, des priorités et des objectifs.»
Car rien ne sert de stocker pour stocker! Alain Vaucher: «A l’instar de l’argent, c’est en faisant circuler l’information que l’on en tire des bénéfices. Il s’agit dans la pratique d’éviter tout autant la surinformation que la sous-information, le but étant de valoriser les renseignements et de les transformer en action! Plutôt que de s’occuper purement et simplement du patrimoine, mieux vaut donc mettre en œuvre des systèmes de veille et d’intelligence économique.»
Une formation post-grade
Depuis l’an dernier, les HEG de Genève et de Neuchâtel proposent une formation post-grade en intelligence économique et veille stratégique, en collaboration avec Centredoc. Comme le relève Alain Vaucher, cette formation s’adresse aussi bien aux entreprises qu’aux organisations. Elle est constituée de quatre modules de 150 périodes de cours, suivis d’un travail de diplôme de 200 heures. D’autre part, un colloque international sur le thème de la veille stratégique se tiendra à Neuchâtel le 17 juin 2004.
Pour tous renseignements: HEG-Neuchâtel, François Courvoisier, 032 889 46 40.