La veille technologique, longtemps négligée par les PME romandes, commence à susciter l’intérêt. C’est ce que constate Bernard Chapuis, directeur de Centredoc, une entreprise de veille stratégique basée à Neuchâtel. Fondée en 1964 par des entreprises horlogères, elle a depuis lors étendu ses activités et compte parmi ses clients des sociétés aussi différentes que Nestlé, Phonak, Sanofi-Pasteur, Ypsomed ou Metalor. «Nous avons la possibilité de travailler pour des entreprises de toutes les tailles et de tous les secteurs, grâce aux compétences de nos collaborateurs, en majorité des scientifiques», assure Bernard Chapuis.
La prise de conscience du rôle de la veille stratégique a sans doute été favorisée par l’introduction de cours sur le sujet, notamment dans les Hautes écoles de gestion. Dans un monde où tout évolue toujours plus vite, les entreprises innovantes ont compris qu’elles doivent surveiller ce qui se fait sur leur marché. C’est à ce prix qu’elles peuvent se maintenir à la pointe.
Savoir trouver et filtrer l’information ne s’improvise cependant pas: les sources sont nombreuses, variées, certaines ne sont accessibles que sur abonnement. Sans un tri pertinent, on risque d’autre part d’être submergé par les données. Centredoc propose donc différentes prestations à ses clients pour leur permettre de se maintenir à la pointe de l’information, notamment en matière de brevets. Elles se répartissent en trois catégories.Interventions ponctuelles
Une entreprise a besoin de faire le point sur l’utilisation des lasers dans les technologies biomédicales, de savoir si telle technologie est protégée par un brevet, de se faire une idée des perspectives de développement de tel secteur… Centredoc peut lui fournir un dossier ad hoc.
Deux types de recherches sont particulièrement répandus. La recherche d’état de l’art consiste à réunir les documents pertinents sur un domaine particulier, sans nécessairement viser à l’exhaustivité. La recherche de nouveauté consiste à vérifier si un procédé a déjà fait l’objet d’un dépôt de brevet. Elle se doit d’être exhaustive.
Le tarif de ces recherches est fixé en fonction du temps qui leur est consacré et des éventuels frais d’acquisition de l’information. Il s’échelonne entre 1500 francs et plusieurs milliers de francs selon la complexité du sujet à traiter.
Veille technologique
Une entreprise active dans le développement de protéines spécifiques a intérêt à connaître tous les nouveaux développements effectués dans le secteur. C’est le rôle de la veille technologique. Centredoc a mis au point des outils en ligne permettant de centraliser et d’organiser l’information pertinente. Ces portails de veille peuvent être communs et accessibles à plusieurs entreprises – c’est par exemple le cas de ceux qui sont consacrés aux inventions horlogères, aux matériaux pour la microtechnique ou aux brevets du domaine de l’identification par radiofréquence. Ils peuvent également être réalisés sur mesure en fonction des besoins spécifiques du client.
Diverses fonctionnalités sont proposées, selon la nature de portail de veille (collective ou individuelle) et les désirs du client. Outre l’accès au résumé et aux données bibliographiques des brevets, on peut obtenir le texte complet de chaque invention, contrôler en temps réel leur validité dans tel ou tel pays, leur joindre des notes personnelles, les classer dans un dossier individuel, effectuer des recherches simples ou avancées…
L’accès aux portails de veille collectifs coûte entre 2 et 5000 francs par an. Deux types de portails de veille individuels sont disponibles. Le premier, principalement destiné au PME, offre jusqu’à 1000 documents par an pour un maximum de cinq utilisateurs et il est disponible dès 5000 francs. Le second coûte à partir de 20 000 francs. Il ne connaît pas de limitation d’usage et intègre des fonctions plus avancées.
Conseil en veille technologique
Centredoc assiste des entreprises désireuses de mettre sur pied leur propre système de veille technologique. Elle peut notamment les aider à définir leurs objectifs, à évaluer les moyens nécessaires et les accompagner dans la mise en œuvre. Ces prestations coûtent entre 5 et 15 000 francs, selon les besoins de l’entreprise et le temps consacré.
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Tous domaines confondus, Centredoc réalise environ cinq cents interventions par an. Ses clients se recrutent essentiellement en Suisse. Depuis environ deux ans, l’entreprise vise également d’autres marchés. Elle travaille ainsi pour plusieurs sociétés françaises et s’efforce de se faire connaître à l’étranger, notamment en participant à des salons professionnels. Le savoir-faire développé à la base pour les entreprises horlogères suisses pourra ainsi bénéficier à des sociétés d’origines et de secteurs complètement différents.
Pierre Cormon